C'est Fabrice Granier, directeur du pôle technique, et Loïc Dufaux, directeur de la BU POOL, qui nous permettent de faire le point sur la nouvelle réglementation, ainsi que sur le positionnement de Polytropic sur le marché.

Pourquoi POLYTROPIC est prêt depuis longtemps pour la nouvelle génération de pompes à chaleur piscine

La première réglementation sur les gaz à effet de serre est entrée en vigueur en juin 2006. Les obligations portaient notamment sur le confinement et le contrôle des fuites. Puis, en janvier 2015, l'article 15 du règlement européen F-Gas II impose des quotas stricts sur les hydrofluorocarbones (HFC) afin d'en réduire l'usage, et intègre la notion de "tonne équivalent CO²". Cette mesure vise à restreindre l'utilisation des fluides HFC à fort potentiel de réchauffement global (GWP), pour soutenir les objectifs climatiques et de neutralité carbone de l'Union européenne.
L'apparition de la F-Gas III, le 7 février 2024, impose une diminution plus sévère de ce nombre de quotas. La prochaine baisse du nombre de quotas disponibles pour le marché est fixée au 1er janvier 2027 (-50 %).
De plus, la F-Gas III instaure une nouvelle contribution financière obligatoire sur certains fluides frigo, déterminée selon la formule suivante : GWP du fluide frigorigène × 3 EUR par TeqCO2 / kg*. Soit, par exemple, une contribution de 20,25 EUR HT pour une bouteille de 10 kg de R32.
Surtout, la F-Gas III interdit la mise sur le marché des PAC fonctionnant au R32, dès le 1er janvier 2027.
À noter que le propane ne rentre pas dans la réglementation F-Gas.

Dans la continuité de ce cadre réglementaire renforcé, un nouvel arrêté, relatif à la délivrance des attestations d'aptitude prévues à l'article R543-106 du code de l'environnement, a été publié au Journal officiel le 10 décembre 2025. Ce texte précise et fait évoluer les conditions de certification des professionnels intervenant sur des équipements contenant des fluides frigorigènes, notamment dans les secteurs du froid commercial, de la climatisation et des pompes à chaleur.

PAC Elite R290 Polytropic

Innovation Polytropic, la pompe à chaleur piscine Elite R290 : fonctionnant dans des environnements à très basse température (-25 °C), elle se distingue par son écran tactile couleur, sa technologie PolySmart Control qui adapte automatiquement la puissance aux besoins réels du bassin, et son niveau sonore particulièrement bas. Le nouveau mode Power Boost accélère la montée en température en début de saison, tandis que l'affichage en temps réel de la pression du fluide frigorigène facilite les réglages et optimise les performances.

Cette réglementation va-t-elle encore évoluer ?

Certainement, puisque d'ici 2032 - étape majeure d'interdiction de certains gaz fluorés dans l'Union européenne, avec une transition vers des fluides à très faible GWP ou naturels, comme le CO2, le propane... -, une réunion se tiendra, en 2030, pour envisager la suite à donner.  

Pour le marché des PAC, ça change quoi ?

Il est impératif de s'adapter avec de nouveaux fluides, à la fois pour ne pas répercuter cette taxe sur la clientèle et pour proposer, comme le veut la réglementation, des fluides respectueux de l'environnement.
Le R32, venu en remplacement du R410A, a été une solution de transition, aujourd'hui devenue obsolète.
L'arrivée de nouveaux fluides, plus "verts" et plus performants doit représenter la solution prépondérante, avec principalement le R290 pour notre secteur d'activité.
Quant au CO2, qui a pourtant un impact nul sur l'environnement, il fonctionne à des pressions très hautes (140 bars) et des températures également plus hautes (90 °C). Il n'a donc pas d'intérêt pour nos domaines d'application.

Comment estimez-vous l'utilisation des fluides actuellement ?

Le parc est désormais très largement équipé au R32, tout comme l'offre est encore majoritairement composée d'équipements fonctionnant avec ce fluide de transition. Le R410A est toujours présent, mais de façon anecdotique, alors que le R290 (c'est-à-dire le propane) reste en dessous de la barre des 5 %.
Il faut préciser que ce fluide concerne essentiellement les PAC à destination des petites puissances, donc pour le résidentiel.
La réglementation n'étant pas encore applicable pour le secteur des collectivités avec ce fluide, cela entraîne logiquement une certaine inertie pour la recherche.

Quel est le positionnement de Polytropic à ce sujet ?

Compte tenu de notre présence, depuis près de 30 ans, sur le marché et de notre spécialisation exclusivement sur le secteur des pompes à chaleur, nous avons pu prendre une avance considérable.
En interne, notre centre de recherche & développement est en permanence sur la brèche pour anticiper les réglementations, mais aussi, et surtout, pour proposer aux usagers des équipements toujours plus fiables, performants et durables.
Nos techniciens, par exemple, sont sans cesse formés et repassent systématiquement les attestations de capacités pour la manipulation des fluides frigorigènes, alors même que la réglementation ne l'exige pas.
Concernant les fluides, là encore, nous sommes les pionniers, en ayant proposé la première PAC au propane en prototype en 2018 en grosse puissance pour le collectif, et dès 2021 pour les piscines résidentielles.

Quels sont les avantages d'être un fabricant-concepteur pionnier pour les pisciniers et les utilisateurs ?

Techniquement, nous en sommes déjà à la 3e génération de PAC au propane ! Compte tenu de la particularité de ce fluide, c'est un avantage considérable.
Celui-ci permet d'atteindre de meilleures performances, il assure une plus grande fiabilité, et il est capable de maintenir un excellent coefficient de performance pour des températures extérieures très basses (jusqu'à -25 °C). Mais des adaptations techniques ont été nécessaires, avec notamment des machines un peu plus volumineuses (environ 10 %), en raison d'échangeurs plus importants.
Notre capacité à offrir des équipements encore plus performants est également valorisée par le début d'une production plus soutenue, qui nous permet d'assurer des coûts réduits.

Nous bénéficions également d'un retour d'expérience sans équivalent, notamment sur des installations en cas d'extrêmes, puisque nous avons des marchés dans les pays nordiques où les conditions climatiques sont particulièrement rudes. Constat : la fiabilité et le rendement sont excellents depuis leur installation.

En France, sur un parc existant de 2 000 machines qui tournent depuis 5 ans, les statistiques de SAV sont inférieures à celles utilisant le R32.
Précisons d'ailleurs que le SAV sur ces PAC n'est pas plus compliqué que sur les autres fonctionnant au R32. Quant à la partie électronique, elle reste la même. Seul le compresseur est adapté. Tout le circuit frigorifique est de toute façon pris en charge par Polytropic.

2026 va apporter de grands changements pour la gamme Polytropic ?

Oui, et c'est un vrai challenge, car nous allons passer, en 2026 et 2027, toutes nos gammes au propane. Nous sommes donc obligés de changer 94 % de notre offre. L'objectif étant de passer au 100 % propane d'ici la fin de l'année sur les piscines résidentielles. Le tout, bien entendu, 100 % connecté, avec vérification des performances et des consommations. Les équipements seront plus performants et afficheront des SCOP d'excellence.
La gamme ELITE de 2e génération au propane sera d'ailleurs présentée sur le Salon Piscine Global de Lyon.
Ces modifications nous permettront aussi de transformer le design des machines. Une vraie rupture sur ce point !

Pour le professionnel de terrain, ça changera quelque chose ?

Non, strictement rien. Même en cas de remplacement d'une PAC au R410A ou au R32. L'installation restera la même, sans aucune contrainte technique.   

Juste un mot sur le comparatif pouvant être fait avec les autres PAC présentes sur le marché ?

Nous souhaiterions tout simplement alerter les professionnels comme les utilisateurs sur les performances annoncées.

En effet, les PAC pour le chauffage de l'eau des piscines ne sont pas soumises à une norme obligatoire (contrairement aux PAC destinées au chauffage des bâtiments). Cette situation laisse libre cours à certains fabricants ou distributeurs d'annoncer des SCOP supérieurs à 10, ou des COP supérieurs à 20, ce qui est techniquement impossible dans des conditions normales d'utilisation. N'oublions d'ailleurs pas, à ce titre, que la norme européenne EN 17645, pour obtenir une classe A, commence à 7. Ce qui veut tout dire !